L’assemblage de l’installation ITER nécessite l’alignement de composants pesant plusieurs centaines de tonnes, dans le respect de tolérances dimensionnelles très strictes. « Compte tenu de la taille des composants d'ITER, de faibles variations de température peuvent entraîner des changements de l'ordre du millimètre, provoquant des écarts qui dépassent les tolérances, particulièrement exigeantes dans un projet de cette envergure. » confirme Fernando Comín, directeur général de Metromecanica. D'où l'importance des mesures réalisées durant l'assemblage, un domaine dans lequel l'entreprise espagnole fait référence. Ses outils de métrologie permettent non seulement d'aligner les composants avec une extrême précision, mais aussi de garantir la confirmité de chaque pièce aux exigences de conception initiales. Metromecanica propose également une large gamme d'équipements et de services : laser trackers, scanners 3D portables, des stations géodésiques et des logiciels d'analyse de données 3D… Son logiciel SpatialAnalyzer permet de connecter simultanément plusieurs instruments de mesure portables, de simuler des stratégies de mesure et de calculer des incertitudes géométriques complexes.
Cette PME de 85 salariés a en particulier mis au point le système de contrôle dimensionnel de certains composants du divertor d'ITER, composé de trois éléments : un profilomètre laser, un robot chargé de déplacer le profilomètre le long de ces pièces aux géométries complexes et un logiciel qui planifie automatiquement les trajectoires du robot, traite des milliers de points de données et génère des rapports d'inspection.
Pendant les expérimentations, ce seront d'autres systèmes qui permettront de mesurer en temps réel la température au cœur et en périphérie du plasma d'ITER. Un domaine que connaît bien Bertin Technologies qui a conçu l'interféromètre à dispersion DIP pour mesurer en temps réel la densité des électrons et ainsi garantir la stabilité du plasma avec un bon rendement énergétique. Le système d'optique utilise un cristal d'OPGaAs qui permet de dédoubler un puissant faisceau laser de quelques millimètres de diamètre, et ce sans le fendre. Bertin a réussi à générer un laser à 5µm en injectant un laser de 40 Watt à 10µm : une performance rare que très peu de laboratoires avaient déjà réalisée.
Forte de sa solide expérience sur le marché de l'instrumentation de pointe, cette pépite relève de nouveaux challenges avec ITER : ses optiques seront exposés à des flux de chaleur et à des rayonnements extrêmes, des milliers de fois supérieurs aux niveaux actuellement connus dans les machines existantes. Sa force réside dans sa capacité à maîtriser la chaîne industrielle, de la conception à la fabrication ; sa filiale Bertin Winlight vient notamment de lancer la fabrication des dix-huit optiques du diagnostic In-Vessel Viewing System. Ce diagnostic sera utilisé dans l'inspection et la maintenance des parois internes d'ITER lors de l'exploitation. La réalisation de ce diagnostic implique l'assemblage de près de 500 pièces différentes faisant intervenir des opérations mécaniques complexes.
Son autre atout réside dans sa capacité à s'impliquer dans de nombreux partenariats avec, par exemple, la société AVS et les laboratoires de recherche CIEMAT et INTA en Espagne, Princeton Physics Plasma Laboratory aux États-Unis ou encore le CEA en France pour le laser mégajoule implanté à Bordeaux et l'Institut de recherche en fusion magnétique pour son installation de recherche WEST.
Lors du prochain International ITER Business Forum (IBF) les 14 et 15 avril, les échanges avec Metromecanica et Bertin Technologies promettent d'ouvrir de belles opportunités d'affaires.